Marchés

Les entreprises françaises font 14,25 % de leur chiffre d'affaires en ligne, l'UE 19,49 %

En 2024, les entreprises françaises de 10 personnes ou plus font 14,25 % de leur chiffre d'affaires en ligne, contre 19,49 % dans l'UE (Eurostat, enquête 2025).

Parue dans l’édition 13 du

Oui, les entreprises françaises vendent moins en ligne que la moyenne de l'Union, mais l'écart est récent dans les chiffres. Dans l'enquête européenne de 2025, le commerce électronique pèse 14,25 % du chiffre d'affaires des entreprises françaises de 10 personnes occupées ou plus, contre 19,49 % dans l'Union à 27, selon Eurostat. Ces montants portent sur l'année 2024. De l'enquête 2013 à celle de 2021, la France était au-dessus de la moyenne. Sa part est ensuite tombée de 21,71 % à 11,01 % d'une enquête à l'autre, une chute qu'Eurostat marque comme une rupture de série et qui coïncide avec un changement de l'unité enquêtée, lequel, selon l'INSEE, rend impossible toute comparaison avec les années antérieures. Les séries que nous avons reconstituées de 2010 à 2025 séparent les deux périodes, pour ne comparer que ce qui se compare.

Ce que montrent les données

Le commerce électronique, au sens d'Eurostat, réunit deux canaux : les ventes web, passées sur un site, une application ou une place de marché, et les ventes par échange de données informatisé (EDI), ces commandes transmises automatiquement entre les systèmes de deux entreprises. De 2013 à 2017, la part française dépasse déjà celle de l'Union, de 0,6 à 1,4 point ; l'écart s'élargit ensuite : 21,57 % contre 17,17 % dans l'enquête 2018, 21,71 % contre 19,77 % dans celle de 2021. L'enquête 2022 donne 11,01 %, avec le drapeau « b » d'Eurostat, rupture de série. Depuis, la France remonte : 11,49 %, 12,26 %, puis 14,25 %.

Part du chiffre d'affaires réalisée par commerce électronique, entreprises de 10 personnes ou plus, enquêtes 2010-2025 (%)La part du commerce électronique dans le chiffre d'affaires des entreprises françaises passe de 21,71 % dans l'enquête 2021 à 11,01 % dans celle de 2022, rupture de série signalée par Eurostat, puis remonte à 14,25 % en 2025, contre 19,49 % dans l'Union.0 %5 %10 %15 %20 %25 %20102012201420162018202020222024France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2010 : 12,92 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2011 : 14,16 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2012 : 13,68 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2013 : 14,05 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2014 : 15,21 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2015 : 17,48 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2016 : 16,67 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2017 : 19,02 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2018 : 21,57 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2019 : 22,03 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2020 : 23,07 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA), 2021 : 21,71 %France, commerce électronique, depuis la rupture de 2022 (% du CA), 2022 : 11,01 %France, commerce électronique, depuis la rupture de 2022 (% du CA), 2023 : 11,49 %France, commerce électronique, depuis la rupture de 2022 (% du CA), 2024 : 12,26 %France, commerce électronique, depuis la rupture de 2022 (% du CA), 2025 : 14,25 %UE, commerce électronique (% du CA), 2010 : 13,46 %UE, commerce électronique (% du CA), 2011 : 13,15 %UE, commerce électronique (% du CA), 2012 : 13,76 %UE, commerce électronique (% du CA), 2013 : 13,12 %UE, commerce électronique (% du CA), 2014 : 13,81 %UE, commerce électronique (% du CA), 2015 : 16,43 %UE, commerce électronique (% du CA), 2016 : 15,75 %UE, commerce électronique (% du CA), 2017 : 18,40 %UE, commerce électronique (% du CA), 2018 : 17,17 %UE, commerce électronique (% du CA), 2019 : 18,06 %UE, commerce électronique (% du CA), 2020 : 19,83 %UE, commerce électronique (% du CA), 2021 : 19,77 %UE, commerce électronique (% du CA), 2022 : 17,62 %UE, commerce électronique (% du CA), 2023 : 18,29 %UE, commerce électronique (% du CA), 2024 : 19,13 %UE, commerce électronique (% du CA), 2025 : 19,49 %France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA)France, commerce électronique, depuis la rupture de 2022 (% du CA)UE, commerce électronique (% du CA)
  • France, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA)
  • France, commerce électronique, depuis la rupture de 2022 (% du CA)
  • UE, commerce électronique (% du CA)
Part du chiffre d'affaires réalisée par commerce électronique, entreprises de 10 personnes ou plus, enquêtes 2010-2025 (%). La part du commerce électronique dans le chiffre d'affaires des entreprises françaises passe de 21,71 % dans l'enquête 2021 à 11,01 % dans celle de 2022, rupture de série signalée par Eurostat, puis remonte à 14,25 % en 2025, contre 19,49 % dans l'Union.

Source : Eurostat, enquête communautaire sur l'usage des TIC et le commerce électronique dans les entreprises (tables isoc_ec_evaln2 et isoc_ec_eseln2), Part du chiffre d'affaires réalisée en ligne par les entreprises, France et Union européenne, 2010-2025 (Eurostat), 15 juin 2026

Voir les données
Année de l'enquêteFrance, commerce électronique, enquêtes jusqu'en 2021 (% du CA)France, commerce électronique, depuis la rupture de 2022 (% du CA)UE, commerce électronique (% du CA)
201012,92 %–13,46 %
201114,16 %–13,15 %
201213,68 %–13,76 %
201314,05 %–13,12 %
201415,21 %–13,81 %
201517,48 %–16,43 %
201616,67 %–15,75 %
201719,02 %–18,40 %
201821,57 %–17,17 %
201922,03 %–18,06 %
202023,07 %–19,83 %
202121,71 %–19,77 %
2022–11,01 %17,62 %
2023–11,49 %18,29 %
2024–12,26 %19,13 %
2025–14,25 %19,49 %

Entre les enquêtes 2022 et 2025, la seule période comparable pour la France, sa part gagne 3,24 points, celle de l'Union 1,87 point, selon nos calculs. L'écart se resserre donc, mais il reste de 5,24 points. Il tient surtout aux ventes web. En 2025, elles représentent 4,05 % du chiffre d'affaires des entreprises françaises et 8,39 % dans l'Union, un écart de 4,34 points ; pour l'EDI, l'écart n'est que de 0,87 point (10,20 % contre 11,07 %). Sur les ventes web, la France n'a gagné que 0,70 point depuis 2022, l'Union 2,05 points.

Le commerce de détail suit le même dessin. Ses ventes web pèsent 9,19 % du chiffre d'affaires des détaillants français en 2025, contre 12,10 % dans l'Union. La valeur française de l'enquête 2021 est confidentielle. Pour l'ensemble du commerce électronique du détail, les enquêtes 2022 et 2023 ne donnent pas de valeur française publiée, avec un drapeau de faible fiabilité.

Entreprises de 10 personnes occupées ou plus, industrie, construction et services marchands hors activités financières (sections C à N hors K). Année de l'enquête ; les montants portent sur l'année précédente. Les valeurs françaises de 2022 portent le drapeau « b » (rupture de série) d'Eurostat.
Année de l'enquêteFrance, ventes web (% du CA)UE, ventes web (% du CA)France, places de marché (% des ventes web)UE, places de marché (% des ventes web)France, entreprises vendant sur le web (%)UE, entreprises vendant sur le web (%)
20254,05 %8,39 %10,24 %15,54 %16,93 %20,69 %
20244,34 %7,32 %8,56 %14,55 %16,09 %20,55 %
20233,89 %6,97 %8,86 %13,90 %14,75 %19,74 %
20223,35 %6,34 %9,00 %15,60 %14,23 %19,42 %

Source : Eurostat, enquête communautaire sur l'usage des TIC et le commerce électronique dans les entreprises (tables isoc_ec_evaln2 et isoc_ec_eseln2), Part du chiffre d'affaires réalisée en ligne par les entreprises, France et Union européenne, 2010-2025 (Eurostat), 15 juin 2026

Les places de marché pèsent moins dans les ventes web françaises : 10,24 % en 2025, contre 15,54 % dans l'Union. Les entreprises qui vendent sur le web sont aussi moins nombreuses en proportion : 16,93 % des entreprises françaises, 20,69 % dans l'Union. Sur ce dernier indicateur, l'écart précède la rupture : 14,76 % contre 19,04 % dans l'enquête 2021.

Pourquoi

La rupture de 2022 a une origine documentée. Selon les métadonnées de l'INSEE, qui réalise l'enquête en France, « à partir de 2022, le changement d'unité enquêtée rend impossible toute comparaison avec les millésimes précédents ». L'unité statistique est désormais l'entreprise au sens de la loi de modernisation de l'économie, qui peut regrouper plusieurs unités légales d'un même groupe : une unité légale répond pour l'ensemble de l'entreprise. Les notes nationales transmises à Eurostat le disent aussi : « The statistical unit Enterprise has been implemented in survey year 2022 » (traduction de l'Observatoire : l'unité statistique entreprise a été mise en œuvre pour l'enquête 2022). Ni l'INSEE ni Eurostat ne chiffrent l'effet de ce changement sur la part du commerce électronique. On constate seulement que la baisse se concentre sur l'enquête du changement et touche les deux canaux : l'EDI passe de 14,68 % à 7,65 % du chiffre d'affaires, les ventes web de 7,03 % à 3,35 %.

Ce qui fait la différence avec l'Union depuis 2022, les tables ne le disent pas. Elles mesurent un niveau par pays et par secteur, pas ses causes : structure des secteurs, poids des grands groupes, usage des places de marché. Elles ne permettent pas non plus de savoir si l'ancienne avance française tenait à la mesure par unité légale.

Ce que les chiffres ne disent pas

La première limite est l'année. Eurostat date chaque valeur de l'année de l'enquête, mais le chiffre d'affaires et les ventes en ligne portent sur l'année civile précédente : la ligne 2025 décrit 2024, et la rupture de 2022 sépare les ventes de 2020 de celles de 2021. Une reprise qui écrit « en 2025 » sans préciser qu'il s'agit de l'année de l'enquête décrit en fait les ventes de 2024.

La deuxième limite est le champ. Les séries portent sur les entreprises de 10 personnes occupées ou plus de l'industrie, de la construction, du commerce et des services marchands (sections C à N de la nomenclature, hors activités financières et d'assurance, plus la réparation d'ordinateurs) : l'agriculture, les industries extractives, les activités financières et les services comme l'administration, l'enseignement ou la santé n'y figurent pas. Elle mesure ce que vendent les entreprises, à des particuliers comme à d'autres entreprises, et non ce qu'achètent les ménages. Ces parts ne se comparent donc pas aux ventes en ligne estimées par la Fevad, ni à l'indice de la vente à distance de l'INSEE que suit notre baromètre mensuel.

La moyenne de l'Union comprend la France. Elle baisse aussi entre 2021 et 2022, de 19,77 % à 17,62 %, sans drapeau de rupture ; la part française y contribue, dans une proportion que les tables publiées ne permettent pas d'isoler. Enfin, Eurostat rappelle que les montants de ventes en ligne déclarés par les entreprises sont en partie estimés, et que la rotation de l'échantillon limite la comparabilité d'une année sur l'autre. Les résultats de l'enquête 2026, sur les ventes de 2025, sont attendus en décembre 2026 ou en janvier 2027, selon le calendrier habituel d'Eurostat (estimation).

Source : Eurostat, enquête communautaire sur l'usage des TIC et le commerce électronique dans les entreprises (tables isoc_ec_evaln2 et isoc_ec_eseln2), Part du chiffre d'affaires réalisée en ligne par les entreprises, France et Union européenne, 2010-2025 (Eurostat), 15 juin 2026

Sources